• opus 582 : BANBOU BAN, BANBOU BANBAN, BAN, BAN , version 6

    Ce poème est une synthèse de plusieurs poèmes plus anciens, que l'on trouvera à la suite . Il y eut d'abord une version "haï-ku" sur le décès véritable d'un surfeur , le frère d'un ami, foudroyé sur sa planche dans une passe du récif de Mooréa. Ensuite il y a eu un poème sur cette île, anciennement appelée Aïmého (Aimeho). Ces deux poèmes furent publiés dans "La Dépêche de Tahiti" . Puis il y eut un poème racontant la coupe du bambou sur la montagne de Maharepa, au nord de cette île, afin de fabriquer des flûtes de pan, instrument que j'ai appris à jouer en en choisissant les tubes , en ajustant l'accord. Instrument qui a existé presque partout, même si au 20 ème siècle  il avait disparu aux Samoas et en Inde, en Turquie et au Maghreb, alors qu'on l' appelait Musiq . Instrument qui donna son nom à la musique  qui est l'ancâtre de l'orgue , tandis que la cithare fut l'ancêtre du piano. Dans l'antiquité grecque , la cithare était vue comme l'instrument des citadins et la flûte de pan comme celui de la campagne . Et au cours de mon existence ,  j'ai surtout joué de la flûte de pan lorsque j'ai vécu isolé, et des cordes lorsque j'avais des voisins , car cela permettait de s'entraîner même pendant leur sommeil. La flûte de pan est resté un instrument tres pratiqué en Amérique du Sud, aux îles Salomon et en Roumanie. Le poème sur la coupe de bambous a été publié  d'abord dans la revue Syrinx, puis dans la revue Flûtes du monde. Ensuite il y a eu une publication sur ma page Face Book "Dominique Oriata Tron", le  mercredi 3 août 2011, 18:41  ! Donc je dirai que ci dessous se trouve la sixieme version de cet opus, étant entendu que j'appelle opus 582  le poéme publié aujourd'hui  avec mes commentaires et photos.

     

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    Photo ci dessous : DomDom sur le lagon , avec une flûte fabriquée par moi même à partir de bambous cueillis sur la montagne de Maharepa qu'on voit derrière .On the lagoon , with a flute I have made with a bamboo from the slopes of Aimeho island.Tē aho o Oriata i roto te ofe o te moua i Aimeho.

     

     

    opus 582 : BANBOU BAN, BANBOU BANBAN, BAN, BAN

     

     *

    Je m'étais construit une hutte pour être à l'abri lorsqu'il pleuvait et continuer ) peindre, jouer de la musique, écrire The hut on the Tiki Tapu hidden beach . Te fare potee i ni'a te one o Tiki Tapu i Aimeho

     

    opus 582 : BANBOU BAN, BANBOU BANBAN, BAN, BAN

     

     

    *

    Ci dessous on me voit en train de scier le bambou sur la plage où se troubait mon atelier .DomdomSystem cutting some bamboo from Aimeho mountain in order to make a pan flute. Ua hamani Oriata te hô'ē vivo api

     

    opus 582 : BANBOU BAN, BANBOU BANBAN, BAN, BAN

     

    _____

    Pour que les mots aient un sens, d'abord les faire taire.

     

     

    Puis , assis sur une souche pourrissante dans la clarté faible du sous bois  :

     

     "Forêt dis moi comment dompter en moi l'animal sauvage ?"

     

    Le secret des secrets c'est la patience.

    Tout nous est dévoilé mais pas en langue humaine

    Alors il faut se faire tout petit,  l'ami des feuilles mortes et vivantes

    et laisser résonner la réponse sur nos langages formatés par une part d'ignorance.

     

     

    Finalement l'  oiseau Meho , minuscule mais abîme  de  Lumière profonde

    sortit des entrelacs de son buisson tout à fait ordinaire,

     et  sur l'île Aimeho me tint à peu près ce langage

    ( bien sûr c'est moi qui bêle comme un bouc

    je mute comme je peux  mais il faut  partager illico

    où réside la richesse Divine dont rêvent toutes les chèvres) :

     

     

    "Tes os , bout d'homme, sont les flûtes de Taaroa ,

    d'Allah, de Jéhovah,de Pan le faune-Terre  , la flûte de Krishna ...

     Le Christ tu dois encore le déclouer de la méchante croix

    Il te dit son amour de plus loin que les étoiles !

    C'est parce qu'il est encore en chacun sur le Golgotha

    que toute la foule n'a pas encore vu qu'elle est rentable ta Râs-Lîla !

     

    Mais tu as rendez vous là haut près des sommets ,

    tu dois encore t'instruire de la sagesse  du bambou !"

     

     

    J'ai gravi de nouveau la montagne d'Aimeho, là où d'avion

    elle ressemble à une guitare ou à des hanches de femme.

    Au bout d' une heure de marche la foule des bambous m'attendait 

    nombreuse sur une pente raide. J'apercevais la mer entre les feuilles  .

     

     

    Dans la solitude à l'écart des chemins balisés, j'ai contemplé longtemps 

    l'abondance de la planète natale, immense et microcosme ...

    J'ai respiré sa chevelure, sa fleur d'herbe rare et géante ,

    l'éloignement précieux au coeur de sa face Pacifique .

     

    De ses  vagues à l'Infini  ne me parvenaient que les reflets du Soleil 

    qui chaque jour imprimaient plus profond

    leur tatouage indélibile sur le rythme de mon coeur battant

    afin que ces ondes sur vous tous puissent se répercuter

    Et que par une grève générale sur le rocher de Gaia

    nous proclamions par Internet  avec plusieurs milliards de voix

    l'abolition de l'apartheid planétaire et de l'Empire des castes !

     

    J'entendais monter d'en bas au  loin des bruits de voiture et de camions 

    Autour de l'île inévitablement l'homo sapiens sapiens tournait en rond.

    Je ne savais pour combien de temps j'avais réussi à m'évader

    mais j'avalais de tous mes pores et mes poumons les effluves 

    de la splendeur Divine, pour qu'on ne puisse jamais m'en priver.

    Qui ? Les mesquins , les vautours et les snobs aveugles  à ce que le bambou voyait .

     

     

    Lui le bambou s'élançait vers le ciel sans aucune hésitation

    afin d'y puiser le savoir supramental qui faisait belle son espèce.

    Même au milieu des cailloux, il avait des mains pour transformer la terre !

     

    Je me mis à choisir les gerbes les plus sèches pour les tailler à la machette

    Leur présence parfumait ma gorge et mon regard ...

    J'étais ivre de grand air, un peu trop ivre peut-être

    vu que le corps qui obéit à mon chant

    est une sorte d'équilibriste audessus de l'espace et du temps

    et que partout un précipice guette nos pertes de conscience ...

     

    J' avais dejà coupé et attaché solidement tout un fagot  de bambous

    puis je redescendais vers ma cabane peinte près de l'océan.

    Comme la pente était abrupte je glissais sur des feuilles seches et me blessais le pied

    Alors une fois en bas directement j'allais au dispensaire me faire raccommoder.

     

    (Sur cette partie des terres émergées il y avait un dispensaire

    grâce à des générations de combattants de la liberté anonymes)

     

     

    Le lendemain  en boîtant je classais les tubes selon leur diamètre,

    je décidais de leur longueur avec la lame d'une scie-à-métaux

    Mon ventre  faisait maintenant  sonner les  tuyaux posés un à un sur  mes lèvres.

     

     

    Comme il fallait choisir et raccourcir pour ajuster le son

    mon souflle ne se lassait jamais de jouer avec mon oreille

    surtout que le bambou ne cessait de se multiplier

    en tant d'enfants-bambou ressuscités et moi je les faisais

    clamer leur joie par mon souflle,par  mes baisers !

     

     

    La nuit j'ai rêvé que je dormais blotti à l'abri dans le plus fin des tubes

    et que sa respiration à son tour me consacrait  Vivant pour l'éternité.

    Aussi à mon éveil, homme bambou, je me sentis léger

     comme un outil  dans les mains du bon Dieu qui bricolait.

     

    Mon corps était tendu droit vers le ciel, et en plus je bandais

    dans le contentement, en dépit de toutes les contrariétés.

     

    Alors je suis allé illico pénétrer ma vahiné qui ronflait , elle  appréciait

    (avec elle pas de risque de se faire traiter de violeur pour l'avoir réveillée)

    Elle m'empêcha quand même d'aller jusqu'au bout , 

    Elle voulait garder pour une deuxième fois l'explosion dans les étoiles

    Elle voulait faire durer  mon désir  encore plus aiguisé

     

    Ou alors elle avait prévu de partir tôt sur le lagon pour accueillir le soleil qui se levait

     

    Pendant qu'elle ramait en chantant avec allégresse

    mes lèvres à la proue faisaient sonner l'éventail des bambous clairs que j'avais ficelés en rangée ...

    Puis une caresse soudaine  invita  mon ressort d'entrejambe à danser ... 

     

    Finalement je lâchais ma flute qui resta suspendue comme un collier

    et je me retournais  vers le sourire de ma fée

    prête à s'enfiler sur son yogui  assis les jambes croisées

     

    Comme il ne fallait pas tomber tout de suite dans l'eau salée,

    nous sommes restés longuement emboités à nous embrasser

    tendus dans la prière du bambou silencieux qu'elle avait ranimé

    Puis mes lèvres buvaient à ses mamelles le lait de l'immortalité

     

    Et pendant que nous dérivions sur les eaux turquoises vers le récif

    autour de la pirogue une meute de jeunes requins tournait.

     

     *

    version 1 

    publiée dans la "Dépêche de Tahiti"

     

     

    opus 582 : BANBOU BAN, BANBOU BANBAN, BAN, BAN , version 6

     

     

     *

    version 2 

    publiée dans la "Dépêche de Tahiti"

     

     

    opus 582 : BANBOU BAN, BANBOU BANBAN, BAN, BAN , version 6

     

     

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    version 3 

    publiée dans une revue de musique

     

     

    opus 582 : BANBOU BAN, BANBOU BANBAN, BAN, BAN , version 6

     

     

    *

     

    Commentaires publiés dans Face Book pour la version 5 :

     

     

    Martine YGin et Sam Kalki aiment ça.

     

     

     

    Gilles Pfeiffer  : Very good DomdomSystem

     

    3 août 2011, 21:12 · J’aime

     

     

     

    Martine YGin  : subtil et sauvage .. tout un poème   J'adore

     

    4 mai 2012, 21:42 · J’aime

     

     

     


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