• opus 380 : ROMEO AU RAS DE LA PAQUERETTE,DE GERONIMO ET DE JULIETTE

     

    D.O.Tro, : GERONIMO ET JULIETTE

     

    opus 380 : GERONIMO ET JULIETTE

     

    opus 380 : GERONIMO ET JULIETTE

     

    Toute existence  est un opéra

    poème  chargé de sens

    ou insignifiant, 

    selon le jugement de l'animal  qu'on rencontre

    selon qu'il a des oreilles ou pas,

    fourmi, scorpion, moineau, oiseau de paradis ...

     

    Toute existence est jeu de vérité.

     

    Pour comprendre le mode  d'emploi , 

    de la vie , faut rester véridique

    On ne se sauve que par là, mais qui croire ?

    Nos sens parait il sont eux aussi trompeurs

    le cheval voit l'homme deux fois plus grand

    et le faucon  le voit  d'au moins deux fois plus loin...

    mais peut être qu'ils ne voient qu'eux mêmes ?

     

    Il n'y a que le vrai con qui jure sur la tête de son prochain

    que toute maltraitance sur cette terre est à l'endroit

    et que sont aventuristes les utopistes qui la voient

    à l'envers ...

     

    Ainsi   chacun porte avec lui  sa provision de vérité ...

    Il serait prudent d'en douter , comme d'une hypnose ...

    Il y a la vérité des pâquerettes, belles mais piétinnées

    et la vérité des crocs du lion et de la hyène .

    Eux, dit on aux enfants, savent se faire respecter.

     

    J'ai fait un rêve cette nuit, la vie humaine était un voyage

    j'étais parti avec ma famille sur un bateau,  

    qui faisait sans cesse le tour du globe terrestre, 

     ma famille, ces boules sur patte ne débarquaient nulle part

    mais  prenaient  des photos du paysage

    et moi j'avais joué la carte du pingouin solitaire :

    j'avais plongé dans l'océan, en principe pour rejoindre le rivage

    mais fatigué de ne pouvoir jamais atteindre ce mirage

    je m'étais retrouvé, en sueur, sur un morceau de glace

    très provisoire , car il fait chaud sous les tropiques

     

    Heureusement je repris ma  nage , et épuisé

    j'avais finalement abordé au froid  pays où mes ancêtres 

    m'avaient donné rendez vous,

    à Vérone, m'avaient ils dit, souviens toi

    la ville de  Juliette et de Roméo

     

    Dans le temps de mon rêve, Vérone n'était plus qu'une gare de triage

    Les gens couraient à droite à gauche, plié dans des vêtements étroits 

    qui les protégeaient des gerçures car dans ce monde là

    c'était clair, il n'y avait presqu'aucune chaleur humaine

    celle des coeurs, 

    mais il y avait quand même le souffle chaud du bétail

    qui court à la recherche de ses maîtres

    pour des corridas fantômatiques

    et une auge pleine à ras bord

    de bananes coupées en républiques bananières ...

     

    Les trains se croisaient à Vérone

    et je ne savais plus où aller, dans quel wagon monter

     

    Je me dirigeais donc vers le bureau des employés en uniforme

    Là je trouvais une espèce de jeune boule sur pattes

    qui me promit de me renseigner

    à condition que j'embrasse son front.

    Etait ce un homme une femme, je n'en sais rien

    Je voyais juste sa grosse tête aride de monstre

    et je sentais le désespoir de sa laideur et de sa solitude

    et même que c'était un choix de vie

    pour échapper au sort des oiseaux migrateurs

    pourchassés par les chasseurs...

     

    Résorbant mes sens en un espace où ils s'effaçaient

    je déposais mes lèvres insensibles sur cet eczéma en uniforme

    croyant payer le prix obligatoired'un renseignement utile

    dans un monde de fous où j'étais apparemment  délesté 

    de toute autorité, même sur mon destin ...

     

    je voulais seulement m'échapper, connaître les destinations

    des rails et des locomotives

    et ,je ne sais pourquoi ,retrouver ma famille

    alors qu'il était clair qu'elle n'allait nulle part et qu'elle était partout 

    tellement prudente , appliquée à se protéger du danger

    comme des cancrelats  dans un pot de confiture

    avant de se faire écraser par la ménagère ou un pompier serviable.

     

    L'adolescent à grosse tête remit sa casquette officielle

    et m'intima d'aller payer mon dû à son collègue,

    un moustachu en uniforme qui ne demandait que de l'argent

    je payais mon ticket comme tout le monde

    mais voilà je ne savais même pas 

    pour quelle destination j'avais le droit d'embarquer 

     

    Le fonctionnaire énervé par mes questions

    me répondit que je n'avais qu'à faire

    comme tous les italiens de la Terre...

    ils se débrouillaient bien, eux, de trouver leur chemin

    une fois qu'ils avaient acheté le ticket !

     

    Un voyageur  qui passait par là me souffla à l'oreille :

     monte dans le premier train venu 

    et descend à " Cassepas" ...

     

    Là du coup je me souvins

    de ce qui m'avait emmené à Vérone

    Une cousine avait visité le député de son quartier

    un ancien judoka pour qui elle votait

    quoiqu'il lui paraisse à moitié mafiosi

    mais elle se sentait protéger par ses idéaux

    puisqu'il faisait des lois pour décréter étranger

    tout enfant qui ne serat pas né de parents français

    il voulait en finir avec le droit du sol

    et tous ceux qui autour de lui  qui prêchaient

    pour l'exclusivité du droit du sang

    se sentaient calomniés d'être traités de fascistes

     

    La secrétaire de l'élu raconta ce jour là à ma cousine

    que sa propre soeur était morte malade et ruinée 

    sans avoir pu vivre avec son amoureux camerounais

    sauf pour quelques vacances, et donc il fallait m'expliquer

    que mon sort avec Nim serait celui de Roméo et Juliette

    il n'y aurait aucun poète pour en parler 

    comme d'une injustice avérée

    et comme Emile Zola avait déjà été écrasé par un train

    la cousine eut l'impression d'avoir pris du grade

    vu que le député avait trouvé à sa fille

    un emploi de larbin chez les politiciens

    Je l'avais entendue expliquer  à son fils :

    Sois un gagnant, aborde le monde tel qu'il est 

    pas comme ce raté de Dominique

     

    Et voilà qu'un voyageur anonyme sous son chapeau

    me disait de descendre à Cassepas

    Lui, il  avait l'allure des résistants , de Jean Moulin

    avant qu'il soit torturé, et il me sembla que son message, c'était

    "ne casse pas ton amour pour Nim, car cette terre

    est une gare de triage, alors peu importe

    si vous êtes finalement mangé par les vers

    et que finissent à la poubelle tous tes témoignages

    Sois  fidèle à l'Amour et à la véridicité des faits

    cela seul apporte un réconfort à la conscience

    et ceux qui se privent de la souffrance infligée aux amoureux

    se privent de l'amour lui même , ils appellent faux amour le vrai

    et vrai amour le faux, c'est leur liberté

    dans l'aveuglement où sont nées toutes bêtes

    ayant confondu le diable avec le bon Dieu

    et dans ta famille ils s'y sont presque tous résignés

    voilà pourquoi quoique tu dises dans tes livres ou tes danses

    leurs oreilles et leurs yeux sont obturés avec de la glu

    par contre leurs bouches n'arrêtent pas de parler

    et de répandre le mauvais sort car ils croient qu'ainsi

    ils vont en être épargnés

    mais en crucifiant quantité de Christs, c'est leur destin qu'ils ont damné 

    Néammoins  rien n'empêchera l'abcès de crever

    il ne suffit pas d'avoir perdu toute ambition 

    pour devenir seulement un homme humain

    il faut aussi la compassion, et savoir retourner

    les griffes d'illusion contre les fauves eux mêmes"

     

     

    Sur le bateau du voyage de la Méditerrannée au Pacifique 

    et  des mers du Sud  aux îles Pythiuses

    il y avait deux boules sur pattes ou bâtons qui ressemblaient à ma famille

    c'est sûr qu'ils en étaient ,sauf

    qui'ils ne me reconnaissaient pas.

     

    l'homme avait une fille en Afrique

    et la police du consulat français 

     ne voulait pas qu'ils l'amènent en Europe

    Même les analyses  de l' ADN étaient soupçonnées de fausseté

     

    Il fallait donc que l'homme prouve

    qu'il avait bien vécu en Afrique au moment de la naissance de sa fille 

    et cela il ne le pouvait pas

    Il avait bien une photocopie de son ancienne carte consulaire

    obtenue dans un autre consulat

    qui , lui , bizarrement ,avait acces à toutes les anciennes archives

    mais le consulat de Douala

    réputé infernal par la ligue des droits humains

    prétendait que rien n'avait été conservé

    c'était au demandeur d'assistance de tout prouver 

    avec les documents qu'il avait rendu ou égaré

    par exemple son ticket d'avion de l'époque où il avait conçu son enfant métis

     

    La femme blanchedu vieil homme; autre boule sur patte

     pour le récompenser d'être revenu vers elle,

     avait adopté l'enfant, sauf qu'il était impossible

    de lui faire traverser la frontière

    projet aui  pour le consulat était une machination de  vampires  d'Afrique 

    accusés de vouloir engloutir toutes   richesses d'Europe

     

    Quand il avait eu son enfant, cet homme votait tranquillement

    pour les fascistes en pantoufles qui l'avaient envoyé comme comptable

    dans une entreprise chargée de pomper le pétrole de l'Afrique

    aussi comme à son âge les certitudes semblent gravées dans l'os

    il trouva excessif que je fasse de nos misères une question politique

     

    Si on le harassait depuis des années

    c'était à cause de   tous ces usurpateurs d'identité

    avec qui la France vigilante par erreur le confondait

    il finirait bien par prouver qu'il disait la vérité 

    puisqu'il avait l'argent, lui , de faire un procès !

     

    Quant à mon affaire, eh bien ...

    chacun pour soi, il ne faut pas vraiment compter

    sur de l'aide pour vérifier les mensonges de l'administration

    quand il serait lui même en Europe pour faire avancer son dossier

     

    Chacun pour soi, cette planète est une gare de triage

    On  trouve en abondance des médaillés de tous travaux

    et même une foule de grands poètes incontournables 

    mais pour la compassion et le dépannage humaine

    c'est la pénurie, à part

    quelques isolés exceptionnels ...

     

    Les deux boules sur patte  étaient adeptes de grand opéra

    Ils en sifflaient glorieusement quelques airs

    les oreilles collées à leur baladeurs

     mais ils sifflaient faux

    comme pour une marche militaire ou du moins identitaire

     

    Peut être Mozart dans une autre vie avait été leur valet

    et maintenant qu'il était mort ils en étaient fiers

    Je compris pourquoi Beethoven était devenu sourd

    sauf à la musique qu'il composait

    car dans la gare de triage, fallait pas trop être distraits

    pour garder le sentier du ciel et ne pas s'enliser 

    dans le marécage des bêtes héritières de l'humanité

     

    Plus tard  je vis sur la plage 

    la petite fille  qui jouait à tracasser un crabe 

    dans un baquet avec un bâton

    Je tentais de la convaincre de le libérer

    elle me répondit : Mais non , il aime jouer avec moi

    C'est mon ami, sinon il va s'ennuyer

     

    Pourtant  on n'a jamais vu encore

    les oiseaux mettre les humains en cage ;

    c'est plutôt le contraire, la beauté

    par le diable est prise en otage

    et de là toute une série de chantages

    au point que de cette vie on se lasse

    on se donne rendez vous au paradis des sages et on se dit que la planète Terre

    est une sorte de gare de triage, chacun pèse son âme

    et choisit son avenir, en déchiffrant comme il peut

    d'énigmatiques images , et c'est pourquoi

    j'ai donné  depuis longtemps priorité à l'étude

     dans mes activités quotidiennes

    quitte à saborder les opportunités d'enrichissement

    qui m'avaient déchiré un peu les poches

    avec leur hameçon.

     

    opus 380 : GERONIMO ET JULIETTE

     

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